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Et si l'alimentation était l'aide dont notre corps avait besoin ?

Dernière mise à jour : 6 mai 2023

Plus j'avance dans ma pratique, plus je rencontre de nouvelles personnes, plus je perçois un phénomène inquiétant : le rapport conflictuel à la nourriture. En effet, elle est de plus en plus vue comme un problème, et non une solution. Avons-nous à ce point oublié ce pourquoi nous mangeons ? Une réflexion que je voulais partager avec vous...


Pour me donner un coup de pouce, n'hésitez pas à partager cet article !

Nous allons voir que, derrière le mot "besoin" se cachent plusieurs aspects non négligeables pour un équilibre à long terme 😉🌸

Si pour certains d'entre nous la réponse à cette question est instinctive, pour d'autres elle semble beaucoup plus complexe. D'autres enfin, ne se la poseront sans doute jamais. Amusez vous à demander à vos amis ou votre famille "Pourquoi tu manges ?" et observez les réactions... Chez mes patients, les réponses sont variées. Je suis d'ailleurs certaine que la plupart ne prêtent pas réellement attention à ce que je leur demande et répondent parfois de la même façon qu'ils consomment, en mode automatique.


« Je mange parce qu'il faut manger. »
« Je mange parce qu'il faut que je nourrisse mes enfants. »
« Je mange parce qu'il est l'heure de passer à table. »

Le point commun ici, c'est la notion du devoir et de l'obligation. Je vous passe les ajouts du style "vous êtes marrante vous, il faut bien que je mange", qui esquivent maladroitement la question... Alors vraiment, pourquoi mange-t-on ?



Se nourrir : physiquement


Cela paraît évident, si on ne mange pas, on meurt. Ce que j'évoque là, c'est le besoin calorique de notre corps, l'appétit énergétique. Tous les jours, nous avons besoin d'un apport en calories de base, variant selon notre âge, notre sexe, notre poids, notre taille, permettant d'assurer les fonctions vitales comme la respiration, la digestion, etc.


C'est ce besoin, s'il est pris en compte tout seul, qui guide souvent vers les réponses citées plus haut... Régulièrement, on peut les observer chez des personnes déconnectées de leurs ressentis, aussi bien émotionnels que corporels. Différents facteurs peuvent être à l'origine de cette prise en compte unique du besoin physiologique : l'éducation reçue, le sens du sacrifice (ex : je fais passer les besoins des autres avant les miens), le manque de confiance en soi, le stress...



L'équilibre ne repose pas uniquement sur la balance entrée/sortie de calories. C'est pourquoi les applications compteuses de calories doivent être utilisées avec beaucoup de prudence... N'hésitez pas à en parler avec un diététicien 😉

Se nourrir : spécifiquement


L'appétit spécifique, c'est celui qui peut vous guider vers une entrecôte bien saignante après un don de sang par exemple (au passage, bravo à vous pour cet acte de générosité !). Vous l'aurez compris, c'est la faim éprouvée en fonction de nos besoins ciblés. Autre exemple parlant, l'envie de consommer plus de fromage que d'ordinaire en hiver n'est pas un pur hasard : la baisse des températures extérieures est un stimulus important, qui va augmenter chez la plupart d'entre nous l'attirance pour les produits gras comme le fromage, afin de nous aider à assurer une meilleure thermorégulation via notre tissu adipeux.


Ce besoin là, pour l'identifier il faut déjà une certaine écoute de soi, et dans un second temps, être capable de l'accepter et d'y répondre ! Pas évident lorsque l'on veut tout contrôler et qu'on estime que ces aliments peuvent être mauvais pour nous (alors qu'ils nous veulent du bien, notamment dans les exemples cités...)




Se nourrir : émotionnellement


C'est LE besoin le moins pris en compte, enfin de ce que j'observe. Et non, se goinfrer de gâteaux ou dévorer une tablette de chocolat entière, ça n'est pas répondre à son appétit émotionnel. J'appellerais ça plutôt "faire en sorte que ça passe au plus vite". Les émotions s'expriment de différentes manières, et bien souvent par des stimuli sensoriels. Le problème, c'est que lorsque ces signaux se manifestent, nous avons le choix de les écouter et les prendre en compte, ou de faire abstraction, voire de faire diversion en attendant/espérant que ça passe...


Voici une petite histoire pour illustrer mes propos :


Sonia a envie de manger du chocolat blanc, qu'elle avait à la base acheté pour ses enfants. Elle aimerait en manger en même temps qu'eux, pour partager le moment du goûter ensemble, retrouver un goût qu'elle aimait tant étant plus jeune, doux et vanillé. Sauf que, Sonia a toujours entendu dire que le chocolat blanc "ça n'était pas du vrai chocolat", qu'il est "mauvais pour la santé" et qu'il n'était fait "que de gras et de sucre". Ces pensées parasites vont venir perturber la réponse de Sonia face à son envie initiale. Elle choisira de manger un carreau de chocolat noir 80% de cacao à la place, dont elle a entendu grand bien depuis son adolescence. Amer, peu sucré et légèrement acide, ce chocolat va lui laisser un insatisfaction frustrante après dégustation. Ne voulant pas rester sur sa première impression, elle va manger un autre carreau, encore peu satisfaisant, puis un autre, qu'elle trouvera peut-être un peu meilleur... Mais ça n'est pas ce qu'elle cherchait. Les enfants ont fini de goûter, la tablette de chocolat blanc est encore là, il en reste environ la moitié. Sonia hésite, consciente qu'elle a déjà mangé une bonne portion de chocolat noir. Elle finira par manger un petit bout de chocolat blanc, et là, le plaisir sera grand, intense, couvrant l'amertume laissée par la puissance du cacao. C'est tellement bon de mettre le doigt sur ce qu'elle cherchait depuis le début, que comme pour se récompenser, elle va manger d'une traite une rangée de la tablette. Elle s'arrêtera là cette fois-ci, mais elle sait qu'elle aurait pu finir la tablette si l'envie ne lui avait finalement pas passée. Au total, Sonia aura non seulement mangé le chocolat noir qu'elle pensait "meilleur" pour elle, mais aussi finalement le chocolat blanc qui était l'objet de son désir.


Et vous, qu'auriez vous fait à la place de Sonia ?

Peut-être vous reconnaissez vous à travers Sonia ? La technique de diversion ne fonctionne pas, vous aurez beau essayer de leurrer votre cerveau, si vous avez une idée précise en tête de ce qui vous ferait du bien, impossible de trouver de la satisfaction ou du plaisir avec de l'eau, un coupe-faim ou un aliment connoté comme "bon pour la santé" dans votre esprit. L'envie ne passera pas, risque de grandir et de devenir tout à fait insupportable par la suite... Au final, le résultat c'est un double apport calorique, et très probablement un sentiment de culpabilité extrêmement désagréable à supporter.


L'idée, c'est plutôt d'identifier ce qui vous ferait du bien à cet instant, de réfléchir avec vos sens (quel(s) goût(s) je recherche, texture, odeur, etc.) et de répondre à cette envie de façon ciblée. Ainsi, vous profitez en dégustant, posément, et l'envie disparait, une fois assouvie.





Conclusion : trois besoins valent mieux qu'un


A travers ce post, je souhaitais vous faire (re)prendre conscience de nos différents besoins et du fait qu'ils nous soient propres, et variables dans le temps. Donc pour répondre à la question "Pourquoi mange-t-on ?" le mieux possible, je dirais que c'est pour répondre à nos différents appétits : physique, spécifique et émotionnel ; si ces trois là ne sont pas pris en compte, alors on risque de repasser en mode automatique et d'être déconnecté de nos besoins fondamentaux. Ce qui, par la suite, est une porte d'entrée idéale pour les troubles du comportement alimentaire, l'obésité et les autres maladies liées à l'alimentation.



J'espère que cet article vous a plu, je vous remercie pour votre lecture et vos partages, et vous dis à très vite !



Loïs

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